Retour au roman sous forme de feuilleton, à raison d'un épisode par semaine. Une fois achevé, il recevra un format papier par auto-publication, comme à l'accoutumée. Ne cherchant point de maison d'édition ni d'autre ambition que d'être lue, il me semble que, techniquement, la parution sur le blog, par tranches consistantes mais digestes, soit la plus probante.

Aucune présentation préalable pour ce roman qui s'accapare les théories complotistes à une fin, j'espère, plus intéressante que ces pauvres délires paranoïaques. 

Le titre ? Il ressemble à celui d'un essai, La victoire de l'éthique protestante en France

"Chapitre premier : Le Diplomate. 

« Voudriez-vous, Madame écrire un roman « vrai » ? Vous feriez tenir mes révélations au tuteur commode et indiscutable de la liberté fictionnelle ; moi-même, je pourrai prendre quelques largesses et hauteurs de vue avec l'expérience : personne ne se souciera d'exactitude. Voyez-vous, j'ai passé l'âge de livrer mes observations à la pâture de journalistes soucieux de leur carrière et du maintien des apparences. Les diplomates sont hommes de l'ombre : nous avons cela en partage avec les écrivains, n'est-ce pas ? Mais un jour moins brumeux que les autres finit par nous éclairer de son faisceau formé d'un rayon unique : nous voilà à la croisée des chemins et il nous faut tout dire ou tout taire. Et dans ce monde, parler aux medias, c'est mouliner dans le vide, non ?

- Je vous écoute. 

- Il serait incontestablement plus confortable de nous rencontrer. Ce que j'ai à vous dire ne tient pas en quelques mots. Un bilan de carrière, le mien. Quelques décennies de diplomatie, de poignards dans les sourires, de destins petits et grands délibérés autour de cocktails exotiques, de loyauté consulaire sous un chapeau panama achetée en monnaie de petits fours : l'heure est sombre. »

Une voix grave allégée d'un débit rapide me faisant subrepticement songer au jeu de Louis Jouvet, me happe au bout du fil ; cette voix qui depuis quelque temps cherche à rencontrer la mienne par une correspondance étrange que mon interlocuteur a initiée. Se présentant sous les traits d'un lecteur assidu, il m'a d'abord interpellée depuis le canal virtuel, seule voie d'accès à mes écrits et à ma personne. Je ne philosopherai pas ici sur les paradoxes du monde virtuel, ses amitiés toujours maintenues à équidistance du réel et de la fiction, ses surfaces, ses profondeurs, ce monde nous ramenant toujours à des effets de miroir, des mises en abymes dans lesquelles il est facile de se perdre si l'on n'y prend garde mais j'étais somme toute habituée à rencontrer des tas d'originaux ou plus vraisemblablement des individus d'« un sous-monde » que la normativité sociale avait inhibés ou déclassés dans son souci premier de rationaliser les rapports humains. Homogénéisation idéologique qui ne s'est pas conduite sans quelques dégâts collatéraux par déplacements des violences vers des secrets imaginés, des ressentiments larvés et des vies ratées qu'on voudrait rater avec les autres...et voilà le virtuel sanctifié d'une notable et saine fonction de décharge de la communauté humaine pour qui la frustration de vivre demeure le permanent problème, surtout dans un monde en paix qui n'a rien de plus à offrir que son lénifiant confort où chacun dispose du triste loisir, en usage de sa liberté, de penser à l'ennui que procure l'existence dans le terne périmètre octroyé par le schéma de vie occidentale résumée finalement assez bien par l'expression « métro-boulot-dodo », expression que je trouve après l'avoir écrite, assez idyllique. Car si seulement, nous pouvions nous reposer après cette répétition métronomique de nos déplacements au travail ! Non, bien sûr que non : expression désormais parfaitement anachronique puisque nos vies se sont épaissies comme des dossiers qu'il faut chaque soir trier et ranger dans le bon tiroir. Le volet admnistratif avec lequel il convient de ne jamais prendre trop de retard, les enfants qu'il faut ré-éduquer d'une institution à la dérive qui déforme le cerveau au lieu de le structurer d'un savoir bien maîtrisé, se tenir à jour de l'hygiène physique et moral de chaque membre de sa famille et s'il nous reste quelque force, sombrer dans quelque crétinerie télévisuelle ou virtuelle avant d'atteindre le seuil d'épuisement. Mais le virtuel a cela d'excitant qu'il nous fait participer à la commune misère en plus que d'en témoigner directement. L'ennui de vivre persiste mais il est mieux partagé.

Le plus souvent, (mais pas toujours, il faut être juste), facebook fonctionne comme une libération de la bêtise, exutoire de la peur, du sentiment de n'être rien, confessionnal des pensées douteuses qui devraient en tout état de cause être emportées avec l'eau des cabinets. Une sorte de reflux de la pensée du citoyen, une opinion colonisée par des affects idéologiques -nationalisme, communisme, fanatisme religieux-, des haines imputrescibles, des conspirations, des obsessions, des frustrations que facebook canalise comme une conduite des eaux usées de l'âme, venant fort à propos dans le marasme moral d'une civilisation du tri sélectif. Et comme toujours, oui toujours, dans ces marchés de quat'sous, toute une audace, un génie hors de l'atteinte pourtant contagieuse du conformisme artistique, la folie de celui qui ose tout, déborder, excéder le ronron inoffensif d'une grise institutionnalisation de la création, vient casser la baraque de paroles déjà remâchées, tout en sachant la dérisoire portée de ses mots. De leur écho quasi nul.

Sans prétendre au génie -est déjà ridicule celui qui affirme si immodestement sa modestie, soyons ridicule, soit-, j'ai pris la littérature au sérieux. J'y suis entrée comme dans la réserve restante de la vérité. Et, peut-être plus personnellement, un endroit où laisser éclater la rage de prier, le cri contre la solitude, l'impossibilité d'être un homme dans la civilisation qui nous a rendus si conscients de nous-mêmes et donc de notre impuissance. De fait, nous avançons dans l'époque sans plus aucun culte des ancêtres, sans rites, sans unité entre notre présence et l'univers qui nous entoure :  ; peu à peu, nos pieds quittent la terre, les écrans nous débarrassent de notre faix de chair, le culte du sport nous promet un corps sous contrôle, notre ignorance cultivée en plus haute instance nous ravine la mémoire, les medias, quels qu'ils soient, font mentir la langue et le réel. Bientôt, forts comme Hercule, débarrassés de nouvelles fâcheuses tellement euphémisées qu'elles semblent ne jamais avoir existé, épargnés par le spleen grâce aux réseaux qui comblent les solitudes, libérés de la tragédie de penser notre sort par la multiplication des divertissements, affranchis de Dieu, des idéologies, de l'autorité de quiconque, nous nous apprêtons à nous installer sur le trône que réserve l'Occident à chacun d'entre nous, démocratiquement, et donc médiocrement -c'est le prix à payer- un trône où l'individu est roi d'un royaume vide, mais roi tout de même, le plus misérable roi qu'on ait jamais vu. Et prodige des temps, il n'aura plus nullement le moyen de le savoir et s'en trouvera peut-être heureux. La littérature peut-elle encore quelque chose à part administrer la dose d'un contrepoison nécessairement rabat-joie à l'égard de la grand-messe universelle de la souveraineté moi-mêmiste ?

Oh, je ne m'y serais pas mise sans un petit lot d'espoirs comme la mise de départ d'une partie romanesque perdue d'avance posée sur le plateau d'un croupier rompu à tous les tours, masquant à peine son petit rictus frotté à la lumière crue d'un lustre dont les cristaux ont diffracté des milliers de fois les lueurs des défaites. Pourquoi y revenir alors comme un drogué attiré par l'ivresse immédiate ? Les joueurs savent, Dostoïevski savait, les hommes qui connaissent l'insolvable pêché n'ignorent pas que les souillures des passions charrient, en même temps que les misères de l'âme, nos aspirations les plus pures et que le jeu tente cette opération impossible de gagner le salut par l'économie du chemin de croix en substituant l'humiliation à l'humilité et ces éprouvantes stations de douleur. Un gain de temps précieux que le naïf joueur croit pouvoir tenir dans les poches de son pantalon en revenant gaiement dans son foyer, absous de toute tentation : connaître dans la vie terrestre par des moyens terrestres un peu de cette grâce que rencontrent les saints au terme de leurs combats spirituels sans l'horrible souffrance de l'attente, de la sensation physique du Temps omnipotent...L'esclave du tripot perd fatalement dans ce vestibule de l'enfer où quelques âmes tavelées reproduisent en physionomie leur damnation ; ou bien, réduit à la dernière extrémité de conscience, l'homme ruiné déambulera sur quelque quai de Seine d'où il aura la tentation de se jeter, tout comme le Raphaël de Valentin dans le chef-d'oeuvre de Balzac.

L'écriture est-elle à ce point dévoyée, vaincue d'avance, pourrie d'un péché qu'annule d'emblée tout effort ? Comment le savoir fermement même si les paroles prononcées ou écrites se sont tellement démultipliées qu'elles s'apparentent davantage à des foyers d'infection s'entre-contaminant qu'à des actes de simple piété s'évertuant à saisir un centre, la genèse de la parole créatrice ? Il ne me faudrait pas me faire plus spirituelle que je ne le suis réellement, j'ai des doutes à foison puisque je suis émanation de mon époque, le spore microscopique échappé d'une vie anaérobie.

Avec cette lucidité, j'ai pu au fil du temps m'attirer de bons lecteurs, communier dans mes vues, polémiquer âprement, me faire injurier tout autant qu'apprécier. Mais de la marge, ne suis point sortie. Doutes, combats : qu'allais-je faire dans cette galère ? J'ai voulu arrêter net, épuisée. Sauf que de littérature, on ne sort pas surtout si l'on a rien à y gagner. Pas un sou, pas un article, pas un relais. Moi et mes propres forces, ma folie si l'on veut, ma certitude, ma vocation, mot auquel imprudemment je n'ajoute pas de guillemets. L'ironie passera par ici, de son tour désabusé, soulignera sans doute que la faute de mon chemin de solitude ne reviendra qu'à moi, à mes faiblesses, qu'un écrivain finit toujours par trouver un éditeur -et il n'en manque pas- et que finalement, cette époque, pour les faiseurs de mon espèce- est particulièrement généreuse avec la possibilité de placer l'insignifiance sur un blog plutôt qu'au lieu naturellement dédié à cette fin, le tiroir. Mais si tout est à jeter, répondrais-je, ma certitude, elle, est inébranlable. Et certains ne sont pas passés à côté, des individus de qui un compliment vaut toutes les parutions prestigieuses du monde, parce qu'à ceux là, je fais crédit d'être des lecteurs hors pair, des érudits comme il n'en existe plus ou de simples passionnés qui reniflent dans les mots leur puissance originelle, leur souffle créateur. Une ou deux poignées d'aimants qui cherchent dans la parole des sensations bien différentes que la soupe de fadaises qu'on leur sert matin et soir ne les rassasiant plus, ne leur donnant ni à penser ni à sentir. Mes défauts, mes faiblesses ne sont plus rien à côté de mon engagement total pour la littérature. Le Diplomate m'avait bien reniflée. Où trouver cela chez celui qui milite pour un salariat ou une rémunération fixe de l'écrivain ? Où dénicher l'authenticité dans la course aux prix littéraires, aux dîners mondains du café de Flore, aux rentrées littéraires, aux tractations incestueuses des éditeurs, aux producteurs réguliers de romans qui pondent leur œuf littéraire tous les deux ans avec une ponctualité métronomique conditionnant leurs à valoirs ? Qui est blanc de renvois d'ascenseur, de connivence journalistique, de complaisances où chaque relation, tôt ou tard, fonctionne comme un retour sur investissement ? Quels sont les écrivains dont le manuscrit parvient simplement par la poste sur le bureau d'un lecteur passionné d'une maison d'édition ? Qui sont d'ailleurs ces lecteurs quand ils ne sont pas en grande majorité des stagiaires ? Qui n'est pas rentré par cooptation, fréquentation d'une même école, réseau, connaissance, fréquentation du bon milieu ? La proportion de ces écrivains vierges de toutes ces manigances, dites-moi, dites-moi seulement !

C'est simple : on vient souvent me trouver parce que l'air putride de la corruption n'a pas embaumé mes mots de ses relents fétides ; des personnes d'un autre monde que le mien se sentent des « affinités » avec mes dires, mes positions, mes textes. Je ne suis que de la roture saine, comme on dirait d'un fromage qu'il fabrique de la bonne moisissure pendant que se propage et se développe dans tous les milieux, un champignon toxique dont le seul remède est la sécature nette de la partie contaminée d'avec le reste. A d'autres périodes de l'histoire, être écrivain exigeait de partager quelques notions « d'honnêteté avec le pouvoir », ainsi en allait-il du XVIIème ; à d'autres périodes, il fallait être subversif, faire éclater l'honnêteté en damnation revendiquée comme le fit Baudelaire. Et maintenant, il faut être clerc et écrire pour les clercs dans un pays d'analphabètes. Gardiens du temple pour une poignée d'élus pour lesquels nous (il en existe quelques uns) écrivons encore. Ainsi l'espérance circule en vase clos.

Chez ceux qui viennent me trouver, certains pensent pouvoir agripper leur folie nullement créatrice à la mienne : ils ne savent, parce qu'ils ont perdu la raison pour de bon, plus distinguer l'audace du délire. Ou alors, ils viennent trouver justification de leur isolement à travers le mien, espèrent recevoir de la part d'un écrivain une sorte d'onction de sensibilité et d'intelligence en imaginant qu'au miroir tendu de l'écriture, ils pourront complètement se refléter, et mieux que cela, sympathiser avec l'écrivain qu'ils prennent pour le narrateur ou le personnage. Diplomate ou pas diplomate, on apprend à se méfier. Il faut dire que je tends dans tous mes écrits une ligne à partir de laquelle, je tire jusqu'au craquement. Je n'épiloguerai pas sur le combat dans lequel toute ma voix s'est fondue, mais disons très rapidement, que dans ma façon de porter le fer, j'ai pris le parti de David contre Goliath, en existence et en essence de mon écriture. Alors, un diplomate? Concevez que la chose n'a pas manqué de m'étonner. S'il est une profession aux antipodes de la mienne, en voilà une ! Tout en sinuosité, moi tout en âpreté, dans la négociation, moi, dans le non-négociable, lui, dans la tartufferie des puissants et moi passée en professionnelle de faire tomber le masque...Mais le Diplomate recelait de la finesse ; n'allez pas croire qu'il est arrivé de but en blanc dans son costume trois pièces à l'auberge de la gueuse. Non, non ; d'abord il s'est présenté comme le fréquentable « amateur de beaux textes » dans son profil facebook, avec une tête affable, et même un rire qui découvrait légèrement sa dentition -blanche, incroyablement blanche, cela va sans dire. Décrispé, en vacances de mâchoires serrées pour la photo du réseau : un pin parasol en fond d'écran. Il plaçait des clichés de voyage, des citations de ses romans préférés, commentait peu mes propres interventions mais souvent plaçait un « like » d'approbation...Autrement dit, je ne le singularisais pas spécialement dans la masse. Néanmoins, ses yeux matois ne rataient pas une de mes interventions ; le moment propice, car il en fut un que ne manque jamais l'adepte de Machiavel, vint avec ce "statut"qui résumait une intention littéraire, celle d'écrire un roman de politique fiction, une dystopie complotiste, où les dirigeants de la France, par décision concertée, auraient projeté de faire de leur pays un laboratoire géant d'expérimentation politique, économique et sociale pour l'amener à se « redresser » vers la compétition internationale sans craindre de saper les « vieilleries rétrogrades », les repères surannés. J'employais le réseau pour y faire connaître mes écrits -ceux déjà réalisés ou à venir-. Voici la trame grossière du roman en préparation postée le 30 mai 2016 sur facebook :

 

 « La France, en apparence, est un pays développé comme un autre. Nul ne peut dire, malgré ce qu'on en relatera ici, qu'il préférerait aller manger chichement ailleurs malgré un travail d'esclave dans une chaîne de production destinée au confort des nations nanties. De même, on n'imaginera pas qu'un individu ayant grandi dans des convictions aussi profondes et universelles que la liberté, l'égalité, la fraternité puisse trouver à redire sur la situation de la France conservant, bon an mal an, dans les tangages d'une navigation de tempête, quelques règles d'airain : des petits subsides d'Etat pour survivre, une médecine qui maintient en vie à peu de frais, une éducation branlante mais gratuite. Parce qu'il semblerait que le peuple soit devenu sage à relativiser son mal en dépit de quelques sursauts de rue, de « stand-up » syndicalistes, de colères très virtuelles, les hommes de pouvoir -élites sorties de la prestigieuse école d'administration nationale passant de privé à public insensiblement comme un certain Micron briguant la plus haute investiture après avoir démontré son intelligence technique dans la religion de notre temps : la banque-, ont pu enfin sentir l'opportunité machiavélique d'insuffler enfin nettement le vent de l'idéologie mondialisée à laquelle la France semblait plus récalcitrante que d'autres nations. Quelques hommes de bonne volonté, désireux de sauver ce pays si particulier de sa potentielle marginalité dans la furieuse compétition internationale, de ses pesanteurs historiques incroyablement tenaces face aux torrents de capitaux échangés sans considération d'aménité sociale, ont décidé de se réunir pour mettre la France au pas, pour son bien cela va sans dire. 

A partir de cet "argument", je pousse la fiction du complot jusqu'au bout :

Dans un rapport tenu secret, il a été décidé internationalement que la France serait le territoire d'expérimentation du "pire", et ce afin d'éprouver le seuil de résistance d'un peuple jugé, de par son histoire, relativement réactif par rapport à d'autres plus somnolents (on estime, par exemple, que la population suédoise n'est pas significative d'une capacité de révolte élevée et ne présente donc pas de résultats intéressants propres à être généralisés ; a contrario, une fois grèves, blocages etc... surmontés en France, les mesures feront recette partout en tant que retour à un esclavage libéré) : il s'agirait donc d'un projet qui s'étalerait sur plus de trente ans désormais, soumettant notre pays aux rigueurs de l'Europe, du socialisme-libéral, avec figures clonées interchangeables, tels les Smith de Matrix. -politiquement- : là-dessus, les Français ont crée la surprise puisqu'ils ont héroïquement résisté à la tentation du Front National, autrement dit, si le parti ne dirige pas la France, il n'ira dans aucun pays significatif, d'après le rapport confidentiel. L'Europe des Smith peut continuer tranquille. Ecologiquement, les terres agricoles sont soumises au plus haut taux de pesticide de toute l'Europe, et ce afin de tester, sur la santé et l'environnement, les effets d'une catastrophe de plus grande envergure. Nous sommes en pointe : excellent taux de cancer, terres quasiment mortes, cours d'eau tous pollués, et nous tenons bon grâce à un dispositif de santé performant grâce auquel peut continuer à bouffer du poison. Sur le plan de la sécurité, nous sommes également le "pays test" pour les attentats : injection d'islamisme massif (pour éprouver notre résistance à ce phénomène), attentats horribles, inaction pendant des années. Aucun risque d'embrasement, de guerre civile : la paix avec le monde musulman étant impossible car trop fanatisé, on a trouvé une solution adéquate, le laisser faire "un peu", avec le voile (ça ne concerne que les femmes après tout), quelques compromis (le monopole du deal ; après tout notre jeunesse est la plus grosse consommatrice de cannabis d'Europe, et ça c'est important dans la recherche d'un endormissement progressif d'icelle).
Un autre test important est mené : l'abêtissement. La question est de savoir si on peut durablement éteindre la pensée. La réponse est oui, mais il faut une action conjuguée de l'école (où l'on n'apprend plus rien), un addiction massive aux technologies, un dynamitage de l'autorité. Dans la pire des cas, il reste une simili-révolte, genre Nuit debout.(Un bouton d'acné, quoi, quelques vitres cassées, embêtant mais pas bien méchant)
Des tests ont été lancés sur le chômage de masse : Plus de 5 millions de chômeurs, de revenus minimum, de galériens en tout genre et la France n'a pas fait de révolution. En plus, indicateur très positif, la surtaxation pour ceux qui essaient de lancer une affaire, ne se heurte au plus qu'à quelques gémissements. Le cuir de la population s'est bien assoupli. C'est plutôt bon signe, non ? "On peut continuer les réformes", disent les Smiths ! 
Bien sûr, il faut balancer pas mal de psychotropes pour parvenir à calmer le Français ; en tant que "Territoire expérimental", le taux d'aliénation n'est pas négligeable, si bien qu'avec ses chômeurs, ses loosers, ses prisonniers, ses malades, ses camés, ses islamistes, ses banlieues, ses réfugiés, la France a été sélectionnée pour devenir une sorte d'"asile" (accueil malades, pauvres et fous) ; en ce moment, on exfiltre les talents, les puissants, l'argent, les artistes, les ingénieurs ; les frontières de cette prison à ciel ouvert se refermeront sans doute bientôt, et pour cause, on soupçonne quand même que ce modèle expérimental pourrait devenir une poudrière. Pour l'instant, nous avons passé les tests avec succès puisque nous culpabilisons de surcroit en nous qualifiant nous-mêmes de "peuple râleur"."

Le lendemain, je recevais un message privé de mon grâcieux Diplomate, décidé à quitter ses éreintants efforts de bronzage "pour remuer la boue du passé, les vérités trop longtemps tues, avec quelqu'une qui saurait bien les entendre puisqu'elle les a si fortement pressenties."